Dans son édition du 6 juin 2017 et a l occasion de la journee mondiale de prevention des nuisibles , le quotidien Le Parisien a consacre une page a la problematique des punaises de lit. A cette occasion, le docteur veterinaire Jean-Michel MICHAUX a été interviewe en vu de donner son expertise sur ce probleme en pleine recrudescence.

Voici le texte de l article :

Par Coralie GARANDEAU

"Je m’épanouis là où les humains se reposent, je me nourris quasi-exclusivement de leur sang, j’adore voyager et je peux faire péter les plomb de mes hôtes… Qui suis-je ? Non, je ne suis pas une nouvelle espèce de vampire, mais un fléau bien plus réel : la punaise de lit. Quasi disparue des foyers depuis les années 50, l’insecte connaît une recrudescence depuis deux ans, mobilisant deux fois plus de services de désinsectisation, chez les particuliers, auprès des collectivités, des responsables d’immeubles ou des hôteliers.

En cette journée mondiale de prévention des nuisibles, la Chambre syndicale désinfection, désinsectisation, dératisation (CS3D) recense près de 200 000 sites infestés en France. « C’est une résurgence d’un fléau », estime Jean-Michel Michaux, vétérinaire. « On avait réussi à l’éradiquer avec des insecticides désormais interdits pour des raisons environnementales ».

Conséquence du mode de vie des résidents des grandes villes, qui vivent dans des habitats concentrés et se déplacent plus fréquemment, les punaises de lit prolifèrent. Sommiers, matelas et canapés sont leurs lieux d’élection favoris. « Leurs conditions préférées pour établir une colonie ? Une zone où l’homme reste tranquille, et où elles pourront piquer pour faire des repas de sang humain qui constitue 89% de leur alimentation » détaille Jean-Pierre Michaux.

ELLES S’INVITENT DANS TOUS LES TYPES D’APPARTEMENT

Contrairement aux cafards, ces bestioles, aussi appelées puces de lit, ne sont pas associées à un problème d’hygiène. Elles s’invitent aussi bien dans les cinq étoiles que dans les cités universitaires. « Mais elle posent un véritable problème de santé publique et créent des phobies importantes chez leurs victimes », estime l’expert. Leur passage reste une expérience traumatisante, même cinq ans après, pour Emilie, qui « garde des séquelles et ne dort plus que dans des draps blancs ». « Tous les soirs, on se couche en sachant que ces choses vont vous manger, sans les voir. C’est une vraie psychose. Je ne dormais plus », assure la jeune femme. « L’horreur c’est que je ne réagis pas aux piqûres, donc je m’en suis rendue compte en voyant une punaise sur mon lit ! »

Le premier signe d’une infestation, estiment les experts, c’est de se réveiller avec des piqûres sur le corps. « Si on a des soupçons, qu’on voit des taches sur les draps, il faut faire confirmer leur présence », estime Julie Gaultier, de la société Dogscan. Avec son chien Rocky, dressé aux Etats-Unis pour repérer les punaises, Julie intervient souvent après un premier traitement qui n’a pas marché. Le chien indique les zones où se sont réfugiées les petites bêtes, plinthes, placards, doubles-rideaux, cadres de tableaux, etc. « Beaucoup de gens essaient de traiter avec des produits achetés en grande surface, qui sont inefficaces », insiste Julie. « Ils pètent les plomb à cause des échecs répétés. Il faut au minimum deux traitements à quinze jours d’intervalle. C’est l’équivalent d’un déménagement », reconnaît-elle. Du lourd, mais nécessaire pour éradiquer ces indésirables."