Moustiques et maladies à transmission vectorielle

Les arbovirus sont des virus transmis d’un hôte (animal, humain) à un autre, par l’intermédiaire de vecteurs infectés : des arthropodes hématophages (les moustiques, notamment). Le chikungunya, la dengue et le Zika sont transmis par les Aedes. Aedes albopictus, vecteur secondaire du Zika, est présent en France. Le West Nile est transmis par le Culex pipiens très largement répandu sur notre territoire. Le risque de voir s’implanter ces vecteurs existe donc… Faisons le point sur les moustiques et les maladies à transmission vectorielle.

 

Les moustiques vecteurs de maladies

 

Un processus biologique s’opère à l’intérieur du moustique : lors d’une piqûre, le vecteur s’infecte en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus passe par l’estomac et remonte jusqu’aux glandes salivaires du moustique. Puis il se multiplie à l’intérieur du moustique pendant une période variable selon le virus. Le moustique pourra ensuite réinjecter le virus dans un nouvel hôte lors d’une autre piqûre. Ce processus à l’intérieur du corps du vecteur est nécessaire pour qu’il soit en état de transmettre la maladie.

Selon l’OMS (2017), plus de 17 % des maladies infectieuses ont pour origines des maladies à transmission vectorielle. « Selon une estimation récente, on compterait 390 millions de cas de dengue par an. […] Une autre étude de la prévalence de la dengue estime que 3,9 milliards de personnes, dans 128 pays, sont exposées à l’infection par les virus de la dengue.[1] » Des centaines de millions de personnes sont aussi affectées par le paludisme… transmis de la sorte par les piqûres. Le moustique est bien un vecteur de maladies et de virus.

Quelques arboviroses déjà rencontrées en France

La France métropolitaine a déjà rencontré les virus West Nile et Usutu, la dengue et le chikungunya. Mayotte et La Réunion ont été (ou sont) concernées par le paludisme, le chikungunya et la dengue. Dans les territoires français d’Amérique circulent la fièvre jaune, la dengue, le chikungunya, le Zika et le virus West Nile, autant de maladies transmises par ces moustiques.

Les facteurs propices à l’implantation des vecteurs et à la transmission des maladies

En France métropolitaine, l’environnement et le climat sont favorables à l’implantation du moustique vecteur (urbanisation non planifiée, zones humides, changement climatique). La population est dite « naïve » vis-à-vis des arbovirus c’est-à-dire que personne n’a d’immunité contre ces maladies transmises par les moustiques, puisque très peu de personnes ont rencontré ces virus, ce qui accroît le risque de transmission (quand une population arrive à 40 % de personnes qui ont déjà rencontré ces maladies, le risque de départ en épidémies est diminué).

Le commerce international et les déplacements quotidiens depuis les territoires outremer et l’étranger favorisent l’implantation des vecteurs.

Moustiques et maladies à transmission vectorielle

Organiser la prévention des maladies vectorielles : une nécessité

Beaucoup de cas restent bénins, il peut y avoir quelques formes graves dont des décès. En dehors de la fièvre jaune et la dengue, aucun vaccins n’existe contre de telles maladies et les traitements se limitent aux traitements symptomatiques (paracétamol...). Seules les mesures de protection individuelles et la lutte anti vectorielle permettent de se protéger.

Une fois le moustique installé, on ne sait pas l’éradiquer. La zone colonisée en métropole par le moustique tigre (Aedes albopictus), vecteur du chikungunya, de la dengue et du Zika, connaît une extension rapide : on le retrouve dans 42 départements en septembre 2018 et concerne donc 27 millions d’habitants. Le réchauffement climatique risque d’aggraver cette progression, les autorités estiment qu’en 2019, 50 départements seront colonisés.

Un risque d’épidémie en France métropolitain, provoqué par les moustiques, est à prendre en compte, la 1re épidémie de chikungunya dans le Var en 2017 avec 17 cas ainsi que l’épidémie en cours de West Nile, ne font que confirmer ce risque.

Le cadre juridique (loi, règlements) prescrit les mesures de lutte que les départements mettent en œuvre à leurs frais… une vigilance de chacun par rapport aux moustiques vecteurs de ces maladies est nécessaire, et une prise de conscience des politiques et des différents acteurs paraît indispensable, si l’on ne veut pas se trouver confronté à des épidémies et maladies fréquentes dues à ces moustiques.

 

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[1] http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/dengue-and-severe-dengue