La lutte anti vectorielle (LAV)

Dans le cadre du plan anti-dissémination de la dengue, du chikungunya, du Zika, les opérateurs publics de démoustication gèrent deux choses : la surveillance (à partir d’un réseau de pièges) et la lutte anti vectorielle (LAV).

 

Surveillance épidémiologique

Dans les zones de présence d’Aedes albopictus (niveau albopictus 1), des vecteurs compétents peuvent transmettre des arboviroses d’une personne infectée (hôtes porteurs de virus) à une personne non infectée (hôtes naïfs, non malades).

On procède à la surveillance des malades qui reviennent de zones où il y a des épidémies, mais aussi à la surveillance des cas autochtones en métropole (tant qu’un département n’est pas classé niveau 1, aucune enquête n’est effectuée autour des cas).

Si un patient a de la fièvre en plein été, accompagnée d’une petite éruption de boutons, le médecin traitant peut conclure à une éventuelle dengue. Si le patient n’a jamais voyagé, l’information sera transmise à l’ARS, une enquête sera mise en place et si la présence de moustiques tigres est confirmée, des traitements seront effectués. Il en va de même concernant les gens en provenance des zones d’endémie, souvent porteurs de virus, ce qui donne lieu à des traitements.

 

Autour des cas, une seule solution : la LAV (la lutte anti vectorielle)

Sans vaccin et traitements contre les arboviroses, la LAV (la lutte anti vectorielle) reste la seule solution pour prévenir (au mieux) et contenir (au pire) les épidémies de ces maladies à transmission vectorielle.

Les épidémiologistes, qui recueillent les signalements, renseignent ces informations dans une application nationale d’épidémiologie de l’Institut de veille sanitaire : Voozarbo. Elle est interconnectée à l’application nationale SI-LAV du ministère de la Santé. Ainsi, autour des cas virémiques, si l’épidémiologiste demande une intervention des opérateurs publics de démoustication, celle-ci est automatique, l’opérateur etant informé par e-mail.

 

Prospection entomologique

L’opérateur de démoustication doit ensuite confirmer la présence du vecteur où le patient habite ainsi qu’aux endroits où il est passé. Une enquête est ainsi menée par l’ARS pour déterminer les différents lieux où la personne est allée pendant la semaine de virémie. Généralement, il s’agit d’enquêter sur 4 ou 5 lieux par personne, mais il a parfois fallu enquêter sur plus de 30 lieux. Une fois la présence du vecteur confirmée aux endroits où la personne était virémique, il faudra réaliser un traitement de LAV (la lutte anti vectorielle). L’enquête et les traitements se font dans un rayon de 150 m.

 

Préparation de l’intervention

Le tracé prévisionnel de traitement (pédestre et routier) est renseigné dans l’application SI-LAV, ce qui permet d’éditer la carte qui sera envoyée au personnel de la municipalité pour qu’il sache où intervenir et quel discours tenir aux riverains. Ceux-ci seront informés du jour et de l’heure du traitement de LAV (la lutte anti vectorielle), grâce à une distribution de prospectus dans leurs boîtes aux lettres, un document qui contient également un certain nombre de mesures de protection à mettre en place comme l’éloignement des enfants.

La lutte anti vectorielle (LAV)

Les traitements de LAV (la lutte anti vectorielle)

Pour les traitements adulticides, on utilise un pulvérisateur ULV (avec généralement de l’Aqua-Kothrine EW®) monté sur véhicule dans le rayon défini entre 4 et 5 heures du matin. Dans les endroits inaccessibles aux véhicules, le traitement est complété par de la thermonébulisation à chaud (Aqua-Kothrine EW®).

 

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