NewsLetter n°3
Grippe
Aviaire : relevé de conclusion des 3 derniers
avis de l'AFSSA des 14, 20 et 21 février 2006
Le groupe d’expertise
collective d’urgence « influenza
aviaire » :
Concernant les pigeons, canards et cygnes en milieu urbain :
Évalue le risque sanitaire représenté par les cygnes, canards ou pigeons qui seraient infectés par le VIRUS*, détenus dans les jardins publics ou les parcs urbains :
- vis à vis des volailles de rente de nul à faible.
- vis à vis des professionnels et des usagers comme nul à négligeable.
Afin de réduire ces risques à un niveau aussi proche que possible du risque nul, il recommande donc, d’une part, la mise en œuvre de mesures visant à maîtriser les contacts directs des professionnels ou des usagers avec ces oiseaux, d’autre part, l’importance d’une surveillance clinique passive dédiée à la détection précoce des cas d’infection par le VIRUS* qui pourraient survenir chez les cygnes, canards ou pigeons des parcs et jardins publics.
Recommande, afin de réduire les contacts directs des professionnels ou des usagers :
- Que pour éviter tout contact direct entre ces oiseaux et les usagers, une campagne d’information incluant des rappels aux règlements en usage soit mise en œuvre afin d’interdire totalement le nourrissage (agrainage) de ces espèces, ainsi que tout contact physique direct avec elles ;
- Que des professionnels soient formés au respect des mesures hygiéniques (port de gants et blouses jetables) pour la collecte des cadavres de ces espèces d’oiseaux en vue de la recherche du VIRUS*.
Recommande afin de renforcer la surveillance spécifique de ces oiseaux :
Une surveillance passive systématique dans les parcs et jardins publics afin de collecter chaque cadavre de cygne, de canard et de pigeon. Chaque cadavre de cygne et de canard devrait être soumis à une recherche du VIRUS* et pour les pigeons cette recherche ne devrait être effectuée qu’en cas de mortalité groupée.
Recommande, concernant les rassemblements des oiseaux domestiques et d’ornement :
L’application de mesures d’interdiction en matière de rassemblement identiques pour les deux groupes, tant que les conditions épidémiologiques le justifient.
Recommande, concernant les pigeons voyageurs :
- L’application aux pigeons des mêmes interdictions qu’aux autres oiseaux domestiques et d’ornements en matière de rassemblement ;
- La suspension temporaire, jusqu’au début mai 2006 des lâchers de pigeons pour participation aux compétitions sportives. Cependant les volées d’entraînement et d’orientation à proximité immédiate du colombier et sous la supervision directe du propriétaire pourraient rester autorisées ;
- Cette recommandation spécifique devrait être réexaminée en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique relative à l’influenza aviaire en France et dans l’Union Européenne.
Recommande, pour les élevages de volailles :
- Le respect de l’ensemble des mesures de biosécurité sur tout le territoire et de privilégier l’application de la claustration lorsqu’il est possible de la mettre en oeuvre ;
- L’obligation de claustration totale, autant qu’il est possible, des volailles dans les zones humides à risque ainsi que dans les trois départements (Landes, Loire-Atlantique, Vendée) à très haute densité d’élevages d’anatidés ;
- La vaccination préventive des espèces (canards, oies) pour lesquelles la claustration ne pourrait pas être mise en oeuvre, avec un vaccin à virus inactivé, assortie de la mise en place d’une surveillance post-vaccinale, dans les zones humides à risque des départements (Landes, Loire-Atlantique, Vendée) à très haute densité d’élevages d’anatidés. Cette vaccination devrait être initiée dès que possible, compte tenu des délais d’administration vaccinale et de développement d’une immunité protectrice par les oiseaux vaccinés.
Recommande, pour les élevages de basse-cour :
- Un recensement des élevages de basse-cour sur l’ensemble du territoire, accompagné par un suivi systématique de ces élevages par un vétérinaire sanitaire ;
L’application des mêmes mesures de biosécurité et de confinement que pour les élevages de volailles ;
- Une vaccination préventive faite par un vétérinaire sanitaire, lorsque le confinement n’est pas possible dans les zones humides des trois départements à très haute densité d’élevages d’anatidés, assortie d’une surveillance post-vaccinale.
Recommande, pour les espèces d’oiseaux rares détenues par les parcs ornithologiques et zoologiques à des fins de démonstration pour le public :
La vaccination des oiseaux qui ne peuvent pas être confinés, maintenus dans toute la mesure du possible dans des conditions telles que tout contact direct avec les volailles domestiques ou avec les oiseaux sauvages libres puisse être exclu.
* virus influenza aviaire hautement pathogène H5N1 HP lignée asiatique
Jean-Michel MICHAUX
Président de l'I.S.T.A.V.
Le 22 février 2006
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